01 novembre 2006
wwoof wwoof comme disent les indiens
J'avais découvert le wwoof
l'an dernier au québec (willing workers on organic farms), un réseau de
fermes biologiques où l'on peut venir travailler pour quelques jours
voire qq semaines - voire même qq mois. En échange de l'aide apportée, on
reçoit nourriture, logement et initiation pratique à la culture bio.
Au-delà, c'est un formidable moyen de rencontrer les gens d'un autre
pays, partager leur quotidien, quitter les circuits touristiques pour
se retrouver au coeur de la vie...
Après
un magnifique séjour québecois, j'avais très envie de renouveler
l'expérience en Inde, mais ce ne fut pas si facile... Le concept est
encore peu développé en Inde, qui n'a pas de "wwoof officiel" mais fait
partie des wwoof indépendants, et il n'y a que 17 fermes à l'heure
actuelle. Souvent
les fermes ou centres (qui sont parfois des ONG) demandent de l'argent,
ce qui est contraire à l'esprit du wwoof, où le blé qu'on échange c'est
celui qui sert à faire les chapatis :-) Ou alors il ne s'agit pas d'une
ferme mais d'un centre avec vaguement un jardin au fond de la cour...et
du coup pas vraiment de possibilité d'échange de la part du wwoofeur
(ou en l'occurence de la wwoofeuse!). Il m'a aussi fallu tenir compte
du climat, c'est-à-dire qu'à
certaines saisons il y a moins ou carrément pas de travail, donc pas
besoin de
volontaires... Ajoutez à cela que certaines fermes n'ont pas
régulièrement accès à Internet ni au téléphone, ce qui rend les
communications difficiles, et vous comprendrez qu'il m'a fallu de la
persévérance...et accepter aussi que tout cela faisait aussi partie de
la rencontre culturelle. Cela m'a permis de prendre conscience de ce
qui était important pour moi dans le fait d'être volontaire wwoof.
J'ai fait un très court séjour à Camp Harit, dans le
Maharashtra près de
Mumbai (Bombay), une ferme où
l'on cultive des plantes médicinales pour
faire des préparations ayurvédiques. Je m'attendais à trouver un lieu
de vie, des gens avec qui échanger,
mais la plupart des travailleurs rentraient chez eux le soir et pendant
la journée il était difficile d'avoir des échanges autres que des
sourires. Le travail était très rébarbatif, j'ai passé 3 jours à
désherber avec les femmes. Et quand le 4e jour, j'ai demandé à rester
avec les gars parce que j'étais curieuse d'en apprendre plus sur les
remèdes ayurvédiques, j'avais l'impression de leur piquer leur
boulot...soit c'est toi qui ferme les petits paquets avec la machine et
je te regarde, soit c'est moi qui le fais et tu me regarde. De quoi
alimenter ma réflexion sur le rendement... Après quelques jours, la
chaleur, l'humidité et les hordes de moustiques ont eu raison
de moi! Au lieu de me forcer à rester pour me prouver que je pouvais le
faire, je suis partie vers d'autres contrées plus clémentes...
Une semaine après, Fabien m'a rejoint à Delhi et nous sommes partis
dans le Gujarat, tout à l'ouest de l'Inde (à côté du Pakistan), pour
travailler dans la ferme de Vijay, NuTech Farm.
Là
ils cultivent essentiellement des dattes fraîches (récolte en juillet
donc déjà passé) et de l'aloe vera pour faire des préparations
thérapeutiques (crèmes, jus additionnés de plantes, ...). En outre, ils
ont pas mal de légumes, de fruits et quelques céréales pour la
consommation personnelle. Vijay ne vit pas sur le domaine mais dans le
village, Rayan. Il vient régulièrement sur la ferme et c'était très
intéressant de discuter avec lui de son projet. Il a sans cesse de
nouvelles idées pour développer la ferme, aller plus loin vers
l'autonomie, trouver par exemple des graines bio pour les légumes, etc.
Sur
la ferme même c'est Jamadar et sa famille qui font l'âme du lieu.
Vanita, sa femme, fait
les meilleurs chapatis de toute l'Inde - rien que de la regarder les
faire c'est un régal ! Nous avons fait de longues parties de
JungleSpeed avec les enfants, Dharmendra, Jeceffi et Chettu, sous le regard
curieux de la grand-mère, Damu kaki, véritable matriarche, malicieuse et bien
bavarde.
Le
plus impressionnant c'était la récolte de l'aloe vera, que l'on passe
dans plusieurs bains d'eau avant de le "peler" puis le réduire en purée
qu'on filtre et pasteurise. Ensuite cette potion magique est acheminée
à Mumbai où elle sera transformée en crèmes et en jus. A côté de cela,
nous avons semé beaucoup de graines, fait un peu de désherbage,
transporté de la paille et plein d'autres petites tâches courantes de
la ferme. J'ai adoré l'atmosphère paisible, les paysages à tomber par
terre, le contact avec la famille même s'il fut limité par mon
Hindi encore balbutiant.... et puis simplement de prendre le temps de
vivre au rythme de la nature :-)
Commentaires
plus d'infos
salut j'aimerai travailler comme toi dans des fermes écolo pour l'instant en france pour apprendre plus mais je sais pas trop comment contacter les fermiers est- ce que tu en as une idée? merci alicia
bel échange !
je recherche une solution
je veux des pouvoirs
interessé
Bonjour
J'ai l'intention de partir en inde un peu à l'aventure, mais je n'y vais que pour trois mois... Dans ces trois mois j'avais pensé me fixer à une ferme WWOOFF mais peu d'info sur le net, sinon ton magnifique Blog. Je suis très interessé par cette ferme et te serai infiniment reconnaissant de me laisser un contact.
Salut,
Bravo pour ton blog ! Je compte moi aussi partir wwoofer en Inde... Ton blog représente l'un des rares sources d'infos disponible apparemment. Penses-tu que ce peut être un bon moyen de découvrir le pays ?
Si tu es encore là-bas, bon courage.
Carl
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