29 novembre 2006
Goodbye India...
phir milenge :-) 
au revoir....
après 9 mois dans cet incroyable pays, j'ai repris le chemin de l'Helvétie. Petit détour par Paris où j'ai eu l'immense bonheur de retrouver Anne-so pour quelques jours, accueillie chez des amis à elle très sympathiques.
Comment vous raconter le choc de tous ces gens dans
la rue, qui ne se parlent pas même entassés dans le métro, des habits
tout gris, cette solitude qui me choque toujours davantage... Comment
vous raconter mon dégoût de toute cette opulence, de l'appel constant à
la consommation
pour masquer
quel(s) manque(s) ?
- tu verras, tu reprendras vite le pli, soufflaient déjà tellement de voix dans mes oreilles qui ne voulaient rien entendre...
Peut-être...
et puis j'ai débarqué sans prévenir, un soir d'Halloween, chez mes
parents tout émotionnés comme on dit chez moi de revoir leur fille.
C'était bon de pouvoir enfin poser mon baluchon, retrouver "les miens",
sourires et visages qui m'ont accompagnée tout au long de ce voyage.
Mais
voilà... très vite les questions ont fusé. A peine étais-je de retour
qu'il fallait déjà avoir des projets pour les 5 ans à venir, et surtout
un boulot ! Pas facile de sentir où est sa place dans notre société
quand on ne travaille pas - et encore, je n'oserais pas prétendre faire partie des "précaires", puisque j'ai un toit et des patates plein la cave (lol).
difficile dès lors pour moi de savourer pleinement ce retour sans sentir une pression vers la "réinsertion"...
Mais la vie est souvent drôle. Une semaine s'était à peine écoulée que j'avais déjà trouvé un remplacement au collège de Rolle, à la base pour une matinée et qui se prolonge jusqu'à Noël. Moi qui avais imaginé un atterrissage en douceur, pour prendre le temps de revoir les amis et la famille et reprendre petit à petit pied dans cette réalité d'ici... Je suis propulsée à grande vitesse dans les planifications d'horaire, la gestion d'une classe de 9e année, programmes divers, discipline et tout ce qui fait partie de ce métier exigeant mais ô combien passionnant.
Je dois me battre contre la grisaille et le silence pour garder le sourire, continuer à parler aux gens dans le bus, le train, dans la rue. J'essaie de conserver toutes les épices de l'Inde à l'intérieur de moi, le soleil et l'intensité de ce pays dans lequel j'ai fait tant de découvertes.
Mais le voyage continue, toujours plus dans la profondeur, où je découvre mon goût pour l'enseignement, la transmission, le challenge d'arriver à motiver des adolescents...
Faire ce que l'on aime ou aimer ce que l'on fait ?
Merci à tous ceux qui m'ont accompagnée, encouragée, suivie au travers de ce blog.
Et au plaisir de vous revoir bientôt :-)

même en Suisse on vit dehors... :-)
01 novembre 2006
wwoof wwoof comme disent les indiens
J'avais découvert le wwoof
l'an dernier au québec (willing workers on organic farms), un réseau de
fermes biologiques où l'on peut venir travailler pour quelques jours
voire qq semaines - voire même qq mois. En échange de l'aide apportée, on
reçoit nourriture, logement et initiation pratique à la culture bio.
Au-delà, c'est un formidable moyen de rencontrer les gens d'un autre
pays, partager leur quotidien, quitter les circuits touristiques pour
se retrouver au coeur de la vie...
Après
un magnifique séjour québecois, j'avais très envie de renouveler
l'expérience en Inde, mais ce ne fut pas si facile... Le concept est
encore peu développé en Inde, qui n'a pas de "wwoof officiel" mais fait
partie des wwoof indépendants, et il n'y a que 17 fermes à l'heure
actuelle. Souvent
les fermes ou centres (qui sont parfois des ONG) demandent de l'argent,
ce qui est contraire à l'esprit du wwoof, où le blé qu'on échange c'est
celui qui sert à faire les chapatis :-) Ou alors il ne s'agit pas d'une
ferme mais d'un centre avec vaguement un jardin au fond de la cour...et
du coup pas vraiment de possibilité d'échange de la part du wwoofeur
(ou en l'occurence de la wwoofeuse!). Il m'a aussi fallu tenir compte
du climat, c'est-à-dire qu'à
certaines saisons il y a moins ou carrément pas de travail, donc pas
besoin de
volontaires... Ajoutez à cela que certaines fermes n'ont pas
régulièrement accès à Internet ni au téléphone, ce qui rend les
communications difficiles, et vous comprendrez qu'il m'a fallu de la
persévérance...et accepter aussi que tout cela faisait aussi partie de
la rencontre culturelle. Cela m'a permis de prendre conscience de ce
qui était important pour moi dans le fait d'être volontaire wwoof.
J'ai fait un très court séjour à Camp Harit, dans le
Maharashtra près de
Mumbai (Bombay), une ferme où
l'on cultive des plantes médicinales pour
faire des préparations ayurvédiques. Je m'attendais à trouver un lieu
de vie, des gens avec qui échanger,
mais la plupart des travailleurs rentraient chez eux le soir et pendant
la journée il était difficile d'avoir des échanges autres que des
sourires. Le travail était très rébarbatif, j'ai passé 3 jours à
désherber avec les femmes. Et quand le 4e jour, j'ai demandé à rester
avec les gars parce que j'étais curieuse d'en apprendre plus sur les
remèdes ayurvédiques, j'avais l'impression de leur piquer leur
boulot...soit c'est toi qui ferme les petits paquets avec la machine et
je te regarde, soit c'est moi qui le fais et tu me regarde. De quoi
alimenter ma réflexion sur le rendement... Après quelques jours, la
chaleur, l'humidité et les hordes de moustiques ont eu raison
de moi! Au lieu de me forcer à rester pour me prouver que je pouvais le
faire, je suis partie vers d'autres contrées plus clémentes...
Une semaine après, Fabien m'a rejoint à Delhi et nous sommes partis
dans le Gujarat, tout à l'ouest de l'Inde (à côté du Pakistan), pour
travailler dans la ferme de Vijay, NuTech Farm.
Là
ils cultivent essentiellement des dattes fraîches (récolte en juillet
donc déjà passé) et de l'aloe vera pour faire des préparations
thérapeutiques (crèmes, jus additionnés de plantes, ...). En outre, ils
ont pas mal de légumes, de fruits et quelques céréales pour la
consommation personnelle. Vijay ne vit pas sur le domaine mais dans le
village, Rayan. Il vient régulièrement sur la ferme et c'était très
intéressant de discuter avec lui de son projet. Il a sans cesse de
nouvelles idées pour développer la ferme, aller plus loin vers
l'autonomie, trouver par exemple des graines bio pour les légumes, etc.
Sur
la ferme même c'est Jamadar et sa famille qui font l'âme du lieu.
Vanita, sa femme, fait
les meilleurs chapatis de toute l'Inde - rien que de la regarder les
faire c'est un régal ! Nous avons fait de longues parties de
JungleSpeed avec les enfants, Dharmendra, Jeceffi et Chettu, sous le regard
curieux de la grand-mère, Damu kaki, véritable matriarche, malicieuse et bien
bavarde.
Le
plus impressionnant c'était la récolte de l'aloe vera, que l'on passe
dans plusieurs bains d'eau avant de le "peler" puis le réduire en purée
qu'on filtre et pasteurise. Ensuite cette potion magique est acheminée
à Mumbai où elle sera transformée en crèmes et en jus. A côté de cela,
nous avons semé beaucoup de graines, fait un peu de désherbage,
transporté de la paille et plein d'autres petites tâches courantes de
la ferme. J'ai adoré l'atmosphère paisible, les paysages à tomber par
terre, le contact avec la famille même s'il fut limité par mon
Hindi encore balbutiant.... et puis simplement de prendre le temps de
vivre au rythme de la nature :-)
08 septembre 2006
Trois semaines a travers le zanskar
Tout a commence avec Olivier Foellmi et son diaporama Caravane pour une ecole, sur la riviere gelee du zanskar, qui avait fait reve l'ecoliere d'une douzaine d'annees. Des images sublimes qui etaient restees dans ma memoire depuis.
Et puis me voila, quelque 15 ans plus tard, sac au dos, chaussures de trek aux pieds, pour partir a la decouverte de ce fameux Zanskar. A mes cotes, deux compagnons de route, Guy d'Australie et Daniel d'Allemagne, rencontres a Leh aux hasard d'une affiche. Et puis Tundup et Chosang avec leurs chevaux, pour transporter tout notre attirail : tente, sac de couchage, matos de cuisine et nourriture pour 10 jours. En effet, plusieurs troncons du trek sont inhabites et dans la plupart des villages traverses ( qui ne sont pas - encore - relies par la route, du coup encore en grande partie auto-subsistants et relativement en dehors des gros circuits commerciaux) il n'y a pas de magasins. Prochain point important de ravitaillement : Padum, a la moitie du trek.
Nous sommes partis le 16 aout de Leh pour Lamayuru, point de depart de notre aventure.
En passant, nous avons fait le detour par Alchi, ou se trouve le plus vieux temple bouddhiste du Ladakh (construit au Xe s. si je ne m'abuse), puis visite la Gompa de Lamayuru (=monastere bouddhiste) pour assister egalement a la pooja (ceremonie de prieres) du soir.
17 aout, Lamayuru - Phanjilla, nous passons notre premier col, le Prinkiti La (3700m) pour nous mettre en jambe sous un soleil radieux.
18 aout, Phanjilla - quelque part en dessus d'Hanupata. Magnifique traversee d'une gorge vertigineuse puis petit a petit on monte en altitude.
19 aout, repos force parce que les chevaux sont introuvables ! Nos deux horsemen partent a leur recherche dans les differentes vallees aux alentours - et il y en a pas mal! Apres avoir passe la matinee a jouer aux cartes, nous sommes partis en direction du col, pour rebrousser chemin en apercevant Tundup qui rentrait bredouille...
20 aout, Hanupata - camp du Bumkitse La (3e col, 4100m). Notre 2e col, le Sirsir La (4800m) juste apres le joli village de Photoksar. Premieres gouttes de pluie pour tester la tente toute neuve et du coup cuisine a l'interieur!
21 aout, Bumkitse La - Styangs. Apres le Bumkitse La, le Sengi La 4e col, 5000m) pointe a l'horizon, un vrai "killer" diit Guy, mais qui nous offre de superbes vues sur les montagnes et vallees alentours.
22 aout, Styangs - Lingshed. Encore 2 cols, le Kyupa La (3850m) et le Morgan La (4100m) avant d'arriver dans une tres belle vallee. Visite de la Gompa et discussion fort sympathique avec un des lamas, fache avec la politique de Mr Bush.
23 aout, Lingshed - Sniertse. Le 7e col, Hanumi La (4700m) est encore un "killer", d'autant plus qu'il fait chaud et que ce jour-la j'ai du mal a respirer. Descente sur Sniertse dans une gorge difficile et nombreuses traversees de rivieres - avec plus ou moins de succes!
24 aout, Sniertse - Hanumil. Dernier col de cette premiere partie, le Parfi La (3800m), on descend gentiment dans la vallee de la riviere zanskar que nous longerons jusqu'a Padum.
25 aout, Hanumil - Rinam. Longue journee et meme si le chemin est plutot plat, le vent est contre nous et donne l'impression qu'on avance pas. Petite halte aupres du cordonnier ambulant pour rafistoler ceintures et sandales et c'est reparti de plus belle!
26 aout, Rinam - Padum. La visite de la gompa sera remise a une autre fois : de bonnes grosses crampes d'estomac me poussent a faire du stop et aller directement a Padum.
27 aout, Padum, repos et ravitaillement pour la 2e partie, lessive et douche chaude - un luxe fortement apprecie, ainsi que les plaisirs de la table et un vrai matelat... Daniel et moi prenons conge de Guy qui s'en va sur Leh et de nos deux horsemen qui rentrent dans leur village opur les moissons.
Nous reprenons la route avec de nouveaux chevaux et muletiers - en fait nous "sous-louons" deux chevaux d'une agence de trek qui s'occupe d'un couple de hollandais.
28 aout, Padum-Reru. temps gris et etape relativement peu interessante : le trek suit la route, du coup nous avons fait du stop avec des ouvriers du chantier de ladite route, des "pauvres diables" comme on dit chez moi, qui viennent du bengale ou du bihar se geler les pattes pour un salaire de misere...
29 aout, Reru - Pepul, nous qui etions habitues aux nombreux cols, bizarre d'etre a nouveau au plat !
30 aout, Pepul - Purne
31 aout, journee de pause pour aller visiter la gompa de Phuktal, comme taillee dans la falaise. Nous assistons a la pooja avec les moines qui nous offrent de gouter leur phembar, une sorte de boulette de cereales. Rencontre un allemand qui vient regulierement au monastere et qui nous a donne pas mal d'info sur le coin, tres interessant.
1er sept, Purne - Kargyak, longue etape avec le vent a contre-sens, le temps se rafraichit a mesure que l'on commence a prendre de l'altitude et la pluie debarque a peine nous avions plante la tente. La neige n'est pas loin...
2 sept, Kargyak - Lakhang Sumdo. matinee relativement calme avec quelques rayons de soleil sur cette vallee sauvage. Nous avons en effet quitte le dernier village du zanskar. Pluie toute l'apres-midi, y compris pour monter la tente et nuit glaciale... demain, le mental va devoir nous tirer en haut!
3 sept, Lakhang Sumdo - Ramjak. En route pour notre 9e et dernier col, le Shingo La (5080m), sous la neige. Heureusement, les 16 chevaux ont fait une belle trace parce qu'aujourd'hui la visibilite est quasi nulle - du coup impossible de voir les cimes alentours.... malgre cela, une belle experience pour la motivation et le mental!
4 sept Ramjak - Darcha, superbe soleil pour notre derniere journee de marche, un vrai cadeau. Ca donnerait presque envie de remonter vers le col pour admirer la vue! Mas les vallees qui s'offrent a nous sont egalement superbes - et tres differentes : paysages plus verts. A peine arrives a Darcha, le bus arrive - complet evidemment, mais nous pouvons quand meme nous y entasser debout, jusqu'a Keylong, ou un lit, une bonne douche et un bon repas nous attendent :-)
Ainsi se termine une merveilleuse aventure de presque 3 semaines avec, comme pour les montagnes, des hauts et des bas. Pas toujours facile de vivre 24h/24 avec deux gars que je connaissais a peine, mais l'humour a desamorce plusieurs situations tendues.
Je me suis regalee des paysages, adore traverser les villages ou l'on sent que la culture traditionnelle est encore tres vivante. Avec mes 3 mots de ladakhi et un peu plus de hindi, je me suis essayee a un brin de causette avec les moines des gompas, les tenanciers des tea-tents, les muletiers et autres personnes croisees sur notre chemin.
Et une fois de plus, je me rends compte a quel point j'apprecie de decouvrir une region au rythme de mes pieds, un rythme humain, qui permet de s'impregner davantage, avec tous ses sens. odeurs, couleurs, temperatures, saveurs et clapotis des ruisseaux.
JULEY !
Ladakh
les "highlights" de mon sejour au Ladakh :
Yangchen & Yangchen de la Greenland Guesthouse, chez qui je me suis presque sentie comme a la maison. Je me suis regalee de leur cuisine typique ladakhie, ce qui fut aussi l'occasion de faire connaissance avec les autres hotes de la guesthouse. Merci a Miguel, Laura, Valeria, Philippe, Chris, Helene, Judith, Barbara et les autres pour ces belles discussions dans la cuisine ou le jardin.
Grace a des contacts au travers de la Women's Alliance de Leh, j'ai eu l'occasion de passer une semaine dans une famille du village de Khaltse, en compagnie d'une autre volontaire, Victoria de New York. C'etait la saison des abricots, que nous avons ramasses et denoyautes. Les fruits sont seches au soleil pour etre conserves durant le long hiver. A partir des noyaux, soit on fait de l'huile pour les ceremonies religieuses ou comme huile de soin, soit on les casse et recupere les delicieuses amandes.
A cote du desherbage et autres taches menageres, j'ai egalement decouvert leur ingenieux systeme
d'irrigation : les ladakhi ont habilement domestique les torrents des glaciers pour acheminer l'eau dans ces contrees arides ou - "normalement" - il ne pleut quasiment pas en ete.
C'est-a-dire... depuis quelques annees le climat change et il y a de plus en plus de pluie, apparemment la mousson qui passe par-dessus l'himalaya (fortiche, hein?!?). De nombreuses personnes mettent cela en lien avec le rechauffement climatique etc. Je ne suis pas assez calee en meteo pour juger. Il n'en demeure pas moins que toute cette pluie apporte pas mal de probleme au Ladakh. Au debut du mois d'aout notamment, il a plu quasi continuellement pendant une semaine, les rivieres ont deborde entrainant avec elles de nombreux ponts, champs et meme maisons. Aux touristes qui se plaignaient que leurs treks etaient annules, j'ai parfois essaye de leur faire prendre conscience que pour eux, c'etait certes fort dommage mais c'etait des vacances, alors que pour les ladakhis, c'est leur maison, leurs cultures, leurs infrastructures... Autre souci : les maisons, soit dit en passant superbes, ne sont pas du tout faites pour recevoir autant d'humidite, les toits en briques non cuites ne sont pas suffisamment etanches.
J'ai aussi passe quelques jours a Stok chez Stanzin et Padma, deux amies rencontrees pendant le cours de haute-montagne. Nous avons fait un court trek vers le Stok Kangri mais avons du rebrousser chemin avant d'arriver au sommet a cause de la neige ! Ce fut malgre tout une belle experience de "mini-expedition" : lever a 2h30 du mat, depart dans la nuit, sous la pluie puis la neige.
J'ai beaucoup aime le Ladakh, qui est completement different du reste de l'Inde. Les paysages quasi desertiques, avec quelques oasis de verdure autour des villages, sont magnifiques. On sent qu'on est tout pres du Tibet et que la region est majoritairement bouddhiste. L'isolement geographique a permis a la culture ladakhie de rester encore tres presente, meme si cela est en train de changer tres rapidement, notamment depuis l'ouverture des routes en direction de Srinagar (a l'ouest) ou de Manali (au sud).





